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Galerie Web – Février 2016 – Le spectateur détecté

Bienvenue dans cette nouvelle galerie Web. Nous parlerons ce mois-ci d’œuvres numériques qui se laissent aller à dialoguer avec son spectateur, parfois même à n’exister que grâce à lui et ses actions. L’art va alors détecter celui qui le regarde, interagir, évoluer, se révéler.

Enteractive_Building_Dusk.2Créer un motif par le simple fait de marcher dans la rue… C’est ce que propose l’installation Enteractive, d’Elecroland. Un grand tapis interactif de LEDs détecte les passants et affiche les motifs lumineux en réponse. Les LEDs sur la façade du bâtiment affichent alors de manière simultanée les mêmes motifs lumineux en direction de la ville.

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Marcher dans la rue et participer à une œuvre d’art peut aussi se faire sans consentement… ACCES de Marie Sester vous propose de suivre à la trace des individus dans des lieux publics, en les poursuivant avec un projecteur robotique et un faisceau acoustique.
ACCES utilise des outils de contrôle créés par les technologies de surveillance combinées à la publicité, l’industrie hollywoodienne et Internet. Ce projet fait référence à la propagande politique et la manipulation médiatique.

Beware. Some individuals may not like being monitored.
Beware. Some individuals may love the attention.

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Il faut en effet parfois faire attention à ménager son public… Mais pense-t-on à l’œuvre elle même ? La Maison sensible de Scenocosme réagit à la manière dont on la visite. Des capteurs sensoriels discrets transforment les murs, le mobilier et les sols du lieu en espace d’exposition, y projetant des milliers de particules réactives à la manière dont le visiteur appréhende l’espace. La brusquerie, le bruit éparpilleront ces particules, alors qu’une attitude sensible et douce révèlera une autre facette de l’œuvre… L’idée est de permettre au public de prendre le temps de rentrer en communication avec l’installation tout en sollicitant son écoute et son intelligence.

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Le spectateur peut donc avoir cette capacité de révéler un contenu, de provoquer des changements dans la matière proposée par l’artiste. niform, de Samuel Bianchini est de cette veine là. Suivant leurs déplacements, les spectateurs agissent sur la mise au point de l’image ; à mesure qu’ils s’en approchent, l’image qui leur fait face devient progressivement nette. L’image n’a pas qu’une seule zone de netteté, une seule profondeur de champ, mais plusieurs à la fois.  À partir d’une image uniforme, chaque spectateur, par son avancée, révèle un homme singulier, un individu auquel il fait face.

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Step by step par Thierry Fournier amène ici aussi le spectateur à se confronter à un contenu. Face à un cours de step donné par un coach en musique, un socle blanc disposé dans la salle invite à en imiter les gestes. Cependant, dès qu’un visiteur pose un pied sur le socle, la vitesse de la vidéo se ralentit, jusqu’à se geler presque entièrement s’il y monte de tout son corps. Un bouclage s’instaure, dans la double contrainte d’une imitation impossible.

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Se confronter à l’autre, oui, mais laisser l’autre se confronter à soi ? Reflection, de Shane Cooper est une image projetée au mur, celle de la personne qui se tenait là auparavant. En réalité, c’est l’image d’un visiteur précédent, présent il y a des mois peut-être, se tenant là de la même manière que le spectateur actuel. Lorsque ce dernier change de position, son “reflet” bouge avec lui, prenant rapidement la forme d’une personne ayant été à avant et ayant adopté une posture correspondante.
L’installation, vide au départ, se nourrit de ses observation des spectateurs au fur et à mesure. Elle acquiert alors une “vie” propre, améliorant sa capacité à imiter et suivre les spectateurs dans le présent en utilisant les données récoltées dans le passé.
Reflection dépend entièrement de l’acte d’observation, dans le but de se construire elle-même ainsi que son interactivité.

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Les créations interactives permettent aussi aux artistes de superposer les pratiques. Le spectacle Metro, de la compagnie de danse Diadé, a pour toile de fond une vidéo réactive créée par le Studio Corium. Cette installation permet de confronter vélocité et image figée, augmentant la proposition chorégraphique initiale.