La bienveillance

Le mois dernier, il était question ici dans cet édito, d’un amaigrissement généralisé de la pensée et de son expression. De la représentation médiatique de ce qui se dit, s’échange, de plus en plus sans substance, et qui, petit à petit nous empêche d’accepter ce qui n’est pas nous. A tel point qu’on a même entendu récemment qu’ “il ne fallait pas comprendre, car cela reviendrait à pardonner”. Ah bon ?

Donc maintenant on en est au refus de comprendre ? Bien sûr, face à cette déclaration, on peut facilement comprendre, justement, que nous sommes face à du symbolique, de la posture, à un schéma.

Or, une des réponses, aux grandes et petites violences de nos quotidiens, est, sans doute, de retrouver le goût de la compréhension. Faire appel au sensible et au perceptif, se mettre dans le désir de vivre, et d’être en relation. Faire preuve de bienveillance.

N’oublions pas que si on ne comprend pas, on ne peut pas lier des phénomènes entre eux, les articuler : inter-legere – Intelligentia. Comprendre, c’est élaborer, construire la mémoire, et faire société ? Comment faire face à ces fractures qui nous déchirent ?

Une solution ? La bienveillance, je vous dis. Car c’est la preuve qu’on a confiance en soi. C’est être capable de se mettre dans un rapport d’altérité. Et donc de partager, échanger avec quelqu’un avec lequel on est pas d’accord, et pouvoir élaborer un dialogue avec lui. Car aujourd’hui, si on réfléchit quelques minutes, comment peut-on faire l’impasse sur l’altérité quand l’ensemble du monde est relié à l’ensemble du monde ?

Céline Berthoumieux – Directrice de ZINC

Edito de la newsletter de février 2016.
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