5 questions à Sacha Ratcliffe

ZINC accueille en résidence l’artiste québécoise Sacha Ratcliffe du 7 mai au 7 juin 2015. L’occasion pour nous de faire connaissance avec cette jeune artiste sonore qui s’intéresse à la matière noire…

1/ Qu’est-ce qui t’a poussée à venir faire une résidence artistique en France?

Je n’étais jamais venue en France. Vivant au Québec, je me suis toujours sentie à moitié anglophone et à moitié francophone et je voulais découvrir cette autre moitié de moi-même. J’avais entendu et vu plein de choses sur la France mais tout ce que je vis à Marseille ne ressemble à rien de ce que j’avais imaginé. Ici, c’est très méditerranéen, avec tout ce que ça comporte pour moi de libérateur, de naturel, de vivifiant. Quand je suis allée me baigner dans les Calanques, j’ai ressenti un sentiment de renouveau immédiat.

2/ Est-ce que tu peux nous expliquer cette fascination pour la matière noire?

J’ai développé il y a environ un an un intérêt très fort pour la matière noire, pour tout ce qui est sombre, invisible, ce qui nous affecte dans l’ombre, en silence, et ce à quoi nous n’avons pas encore trouvé de réponse.  Ce qui m’intéresse, c’est tout ce que j’ignore. J’ai toujours été fascinée par les grandes questions existentielles, quelle est ma raison d’être, pourquoi suis-je sur terre et dans quel but. La matière noire, pour moi, est au coeur de toutes ces interrogations. On ne sait rien sur la matière noire. C’est un grand mystère. Et pourtant, c’est tout autour de nous, ça affecte la terre, ça nous affecte.  Et d’ailleurs je n’ai pas seulement envie de m’intéresser au Cosmos, je veux aller du macro au micro, et dans mon travail je veux explorer la matière noire pour me rapprocher de l’humain. Je ne prétends pas apporter une réponse scientifique mais seulement proposer mon interprétation artistique de ce phénomène, en utilisant le son et la lumière.

3/ Justement, raconte-nous comment ta résidence à ZINC t’a permis d’avancer dans ton projet.

Je veux d’abord souligner que je suis vraiment ravie que le Conseil des Arts et des Lettres du Québec et l’Institut Français m’aient permis de réaliser cette expérience. Cette résidence me permet de sortir du quotidien, de prendre du recul, ce nouveau lieu engendre de nouvelles inspirations, une autre concentration. ZINC, et la Friche, me permettent d’aller à la rencontre de la scène artistique où je discute avec des chercheurs et des scientifiques qui m’éclairent et m’aident à avancer dans mon travail. A ZINC, j’ai principalement travaillé sur ma musique les deux premières semaines, j’ai testé différents drones. Maintenant, je travaille sur la partie visuelle, l’équipe du LFO m’a conseillé dans mes recherches sur le glitch et j’essaie depuis quelques jours d’évoluer vers une esthétique plus minimaliste en utilisant Maxmsp.

4/ Pour ta création finale, qu’est ce que tu as en tête?

J’ai envie de recréer la matière noire, visuellement, et dans l’espace sonore. J’imagine un espace avec trois écrans qui créent une sorte de cube non fermé, trois grandes faces. Je veux qu’il y ait autour de cet espace plusieurs enceintes, j’envisage une sorte d’espace géométrique sonore, chaque enceinte diffusant un son différent. Pour moi, le spectateur doit se sentir immergé dans la matière noire, se retrouver au coeur de la matière noire.

5/ Que vas-tu faire après ta résidence à ZINC?

Mon séjour en France dure trois mois. Après ma résidence à ZINC, je vais être accueillie un mois au Centre Des Arts d’Enghien-Les-Bains où je pourrai poursuivre l’assemblage visuel et le façonnage interactif, travailler mes compositions avec un piano et écrire mes partitions. En Juillet, je serai au Cube à Issy-les-Moulineaux pour finaliser le projet, effectuer les derniers enregistrements sonores, mixages audio et les ajustements et les synchronisations audios-visuelles.

Pour aller plus loin :

Qu’est-ce que le Glitch?

Site internet de Sacha

Soundcloud de Sacha

Le Centre des Arts et des Lettres du Québec

L’Institut Français