Edito Juin 2017 : De la difficulté d’entrer dans la modernité …

La parité est un sujet qui revient au moment des élections. La place des femmes est évoquée quand a lieu le festival de Cannes (Jane Campion est l’unique femme palmée de l’histoire du festival). La grosse blague du nombre de femmes dans les conseils d’administration du CAC 40 a droit à une exposition médiatique de temps en temps. On entend aussi régulièrement parler du manque d’expertes pour prendre la parole dans les émissions de radio/télé, les colloques, les rencontres publiques… La raison invoquée en creux est que c’est quand même un peu la faute des femmes tout ça. Ce sont elles qui ne prennent pas assez la parole et qui sont trop en retrait.
Car voyez-vous, le critère pour être crédible, voir pour être un « grand de ce monde », c’est d’être agressif, et surtout c’est avoir la poigne puissante. C’est regarder un autre « grand de ce monde » dans les yeux en lui broyant les phalanges pendant que lui même vous broie les vôtres. Et oui, à l’heure où les robots sont à nos portes et que l’intelligence artificielle va régir nos vies, les comportements de cour d’école font office de « stature internationale ».

Autant vous dire qu’on n’est pas rendu comme disait ma grand-mère. Et ce constat déroutant se vérifie chaque jour, sur les aspects de parité certes, mais aussi sur les questions d’écologie, de démocratie… Comme si la terre n’était pas ronde mais plate comme un disque rayé.

La bonne nouvelle car il faut toujours voir le verre à moitié plein, c’est que pendant que la terre du haut patauge dans ses propres contradictions et son incapacité à évoluer, la terre d’en bas s’organise.
Et que si la face A est complètement inaudible, la face B tourne à fond en étant créative, intelligente et responsable.

Céline Berthoumieux – directrice de ZINC