360° (de compréhension)

Cet édito prend plac­e au début d’une lettre d’information mensuelle.

Nous sommes début mai 2017, il est temps de vous faire part de notre programme pour le mois. C’est la règle, ça fait 12 ans que ça dure. Par moments mettre en perspective le travail d’une petite association avec des questions sociétales, culturelles, économiques voire politiques est un peu plus compliqué que d’autres. C’est exactement le moment dans lequel nous sommes. Surtout qu’étant localisés en région Provence Alpes Côte d’Azur, cette inquiétude légitime nous l’avons connu récemment. Dès lors que dire ? Que dire de plus ?

Essayons de nous décoller de l’actualité. Et continuons de chercher le bon regard, la bonne manière de comprendre. Celle qui consisterait à avoir une approche à 360 °. À partir de ce qui nous intéresse particulièrement ici, la place du numérique, des nouvelles technologies et de l’innovation, c’est un travail de fond.

Pour avancer dans la compréhension, comme point de départ, d’illustration ou de démonstration, il est assez commun de citer des anecdotes ou phrases célèbres. Parfois certaines « histoires » dans la grande « Histoire » passent totalement à la trappe. Alors même qu’elles peuvent avoir une importance certaine dans la vie du monde. Par exemple connaissez vous l’histoire d’Ada Lovelace ? Ada Byron de son vrai nom et fille de Lord Byron, est une grande mathématicienne qui inventa la programmation informatique. De même on parle rarement du rôle de ces femmes, pendant la Seconde Guerre Mondiale, qui permirent de casser le code Enigma. Dans la même période, c’est une équipe entièrement féminine qui programma le tout premier ordinateur digital fonctionnant de manière entièrement électronique. Et saviez que c’est l’actrice Hedy Lamarr qui a inventé le wifi et le bluetooth ?
L’imaginaire des nouvelles technologies est peuplé de figures féminines plus irréelles les unes que les autres, science-fiction oblige, mais il ne revendique que bien peu cet héritage.

Passer sous silence ou totalement oublier l’apport des femmes dans l’histoire n’est pas l’apanage des nouvelles technologies ou du monde de l’innovation, je ne vous apprends rien. Combien de femmes au Panthéon ? Combien dans la Pléiade ? Une amnésie générale qui ne peut qu’avoir des conséquences. Le sexisme ambiant, latent et culturel est inscrit dans l’« Histoire » et vit dans le débat public quotidiennement.
Effacer cette part d’altérité crée la perte d’imaginaire et génère un monde sans imagination. On assiste, atterréEs, à ce que cela engendre. Mais comment pourrait-il en être autrement quand la moitié de l’humanité existe à peine aux yeux de l’autre ?

Céline Berthoumieux – directrice de ZINC