Archives de catégorie : Galeries Web

Galerie Web – Avril 2016 – PL4NTS

Pour accompagner les deux grandes sessions de F[hack]tories qui fileront d’avril à mai autour des Cultures Libres et des Pépinières Mobiles, nous inaugurons en ce début de mois une galerie web entre lianes et pixels.


 

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Variations Van Gogh, de Marcello Mercado, représente plusieurs stratégies d’archivage et de préservation de la série de peintures de tournesols de l’artiste. La perspective artistique utilise différentes technologies comme de la récolte de données réalisées par des drones, l’extraction ADN, Google Earth, le langage de programmation, le son et l’impression 3D… Marcello Mercado propose ainsi une série de propositions synesthésiques aux différentes modalités sensorielles.


 

commonflowers

Le point de départ est une fleur à la couleur génétiquement modifiée, l’œillet Moondust par Florigene. Hors de tout cycle alimentaire humain ou animal, elle a échappé aux débats autour des OGM et a pu se trouver une place dans un contexte commercial, et de culture en intérieur. Common Flowers, de Shiho Fukuhara & Georg Tremmel a pour objectif de « libérer » la Moondust de son seul état de plante coupée… et de la rendre à son environnement naturel, l’extérieur. Grâce à de simples outils DIY ils on pu cloner la fleur et ainsi poser plusieurs problématiques, dont la question des droits liées à ce type de création : est-ce que faire pousser une fleur peut-être une violation de copyright ?


 

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Biomer Skelters, par Tamiko Thiel et Will Pappenheimer est une application qui, lancée à Liverpool en 2013, permettait à ses utilisateurs de peupler la ville de végétaux en réalité virtuelle. La pulsation cardiaque de chacun (récupérée par le système) générait un certain flux de plantes dans leur trace, liant viscéral et végétal. La ville se recouvre alors de plantes, certaines natives et d’autres exotiques (l’utilisateur de l’appli fait son choix), chacune se disputant le territoire dans une sorte de compétition écologique. En ressortent des questionnements autour de végétalisation urbaine, de diversité écologique et autres déséquilibres causés par le réchauffement climatique…


 

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Marshmallow Laser Feast a proposé dans le cadre du AND Festival l’installation In The Eyes Of The Animal. Le public avait la possibilité de vivre l’expérience de la forêt au travers d’une simulation de la perception animale, et ce grâce à des technologies de réalité virtuelle et de son binaural. La forêt a été scannée et décomposée en millions de particules, puis re-traitée selon les systèmes de vision de la faune locale.


 

tv garden

Nous pouvons contempler en fin de parcours TV Garden, de Nam June Paik qui depuis 1974 a existé sous plusieurs formes selon les expositions. L’œuvre s’est modifiée au travers du temps (différentes générations d’écrans) et de l’espace (mobilisation de plantes locales) mais toujours célébrant l’essor des écrans ; liant nature et technologie, propagation et croissance.

Retrouvez d’autres œuvres et projets en lien avec la thématique dans notre page WIKI présentée en début d’article.

A bientôt pour une prochaine thématique très immersive !

Galerie Web – Février 2016 – Le spectateur détecté

Bienvenue dans cette nouvelle galerie Web. Nous parlerons ce mois-ci d’œuvres numériques qui se laissent aller à dialoguer avec son spectateur, parfois même à n’exister que grâce à lui et ses actions. L’art va alors détecter celui qui le regarde, interagir, évoluer, se révéler.

Enteractive_Building_Dusk.2Créer un motif par le simple fait de marcher dans la rue… C’est ce que propose l’installation Enteractive, d’Elecroland. Un grand tapis interactif de LEDs détecte les passants et affiche les motifs lumineux en réponse. Les LEDs sur la façade du bâtiment affichent alors de manière simultanée les mêmes motifs lumineux en direction de la ville.

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Marcher dans la rue et participer à une œuvre d’art peut aussi se faire sans consentement… ACCES de Marie Sester vous propose de suivre à la trace des individus dans des lieux publics, en les poursuivant avec un projecteur robotique et un faisceau acoustique.
ACCES utilise des outils de contrôle créés par les technologies de surveillance combinées à la publicité, l’industrie hollywoodienne et Internet. Ce projet fait référence à la propagande politique et la manipulation médiatique.

Beware. Some individuals may not like being monitored.
Beware. Some individuals may love the attention.

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Il faut en effet parfois faire attention à ménager son public… Mais pense-t-on à l’œuvre elle même ? La Maison sensible de Scenocosme réagit à la manière dont on la visite. Des capteurs sensoriels discrets transforment les murs, le mobilier et les sols du lieu en espace d’exposition, y projetant des milliers de particules réactives à la manière dont le visiteur appréhende l’espace. La brusquerie, le bruit éparpilleront ces particules, alors qu’une attitude sensible et douce révèlera une autre facette de l’œuvre… L’idée est de permettre au public de prendre le temps de rentrer en communication avec l’installation tout en sollicitant son écoute et son intelligence.

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Le spectateur peut donc avoir cette capacité de révéler un contenu, de provoquer des changements dans la matière proposée par l’artiste. niform, de Samuel Bianchini est de cette veine là. Suivant leurs déplacements, les spectateurs agissent sur la mise au point de l’image ; à mesure qu’ils s’en approchent, l’image qui leur fait face devient progressivement nette. L’image n’a pas qu’une seule zone de netteté, une seule profondeur de champ, mais plusieurs à la fois.  À partir d’une image uniforme, chaque spectateur, par son avancée, révèle un homme singulier, un individu auquel il fait face.

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Step by step par Thierry Fournier amène ici aussi le spectateur à se confronter à un contenu. Face à un cours de step donné par un coach en musique, un socle blanc disposé dans la salle invite à en imiter les gestes. Cependant, dès qu’un visiteur pose un pied sur le socle, la vitesse de la vidéo se ralentit, jusqu’à se geler presque entièrement s’il y monte de tout son corps. Un bouclage s’instaure, dans la double contrainte d’une imitation impossible.

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Se confronter à l’autre, oui, mais laisser l’autre se confronter à soi ? Reflection, de Shane Cooper est une image projetée au mur, celle de la personne qui se tenait là auparavant. En réalité, c’est l’image d’un visiteur précédent, présent il y a des mois peut-être, se tenant là de la même manière que le spectateur actuel. Lorsque ce dernier change de position, son “reflet” bouge avec lui, prenant rapidement la forme d’une personne ayant été à avant et ayant adopté une posture correspondante.
L’installation, vide au départ, se nourrit de ses observation des spectateurs au fur et à mesure. Elle acquiert alors une “vie” propre, améliorant sa capacité à imiter et suivre les spectateurs dans le présent en utilisant les données récoltées dans le passé.
Reflection dépend entièrement de l’acte d’observation, dans le but de se construire elle-même ainsi que son interactivité.

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Les créations interactives permettent aussi aux artistes de superposer les pratiques. Le spectacle Metro, de la compagnie de danse Diadé, a pour toile de fond une vidéo réactive créée par le Studio Corium. Cette installation permet de confronter vélocité et image figée, augmentant la proposition chorégraphique initiale.

Galerie web – Janvier 2016 – [ID]

En cette nouvelle année, nous débutons une fraiche mouture de Galeries Web en nous posant la question de l’identité : transposée au numérique, garde-t-elle son intégrité ? Ou alors évolue-t-elle, en gagnant ou effaçant des données ? Peut-être aussi est-elle liée au support qui nous propose de la créer, peut-être se transforme-t-elle totalement… Les artistes sélectionnés explorent les paramètres de cette pratique devenue presque quotidienne, celle de la création d’identités parallèles dans le monde virtuel.

hold it

Hold It, de Endam Nihan est une installation qui diffuse trois vidéos en boucle, dont les contenus sont des performances/portraits reproduisant les clichés féminins véhiculés par les banques d’images en ligne. La bande son, séparée des images, consiste en une série à la fois perturbante et infinie d’ordres et de comptes à rebours, délivrée par une équipe de voix masculines.


 

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Quelle histoire racontent nos avatars ? Quels désirs, quelles aspirations, quels échappatoires se cachent derrière ces images ? C’est la question que pose Robbie Cooper au travers d’Alter Ego, une sélection de diptyques rassemblant joueurs de jeux vidéos et leurs avatars respectifs.


 

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Art Avatar, de Pia MYrvoLD, est une installation qui prend la forme de 4 interfaces interactives, et invite le public à co-créer avec l’artiste leur sculpture virtuelle, leur avatar, à interagir avec lui : une expérience entre l’espace réel et virtuel.


 

the others

The Others, par Eva and Franco Mattes, est une série constituée de 10000 photos, volées dans les ordinateurs hackés d’une usine Tchèque ayant fait faillite. C’est une collection regroupant images commissionnée, prises par les anciens employés, des souvenirs personnels…
L’installation rappelle que même si nous sommes de plus en plus sensibles à la préservation de notre vie privée, notre curiosité face à l’intimité d’autrui semble infinie.


 

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Mais toute intrusion est encore évitable, du moins l’était du temps où le site www.seppukoo.com, du  duo d’artistes italiens Les Liens Invisibles, était en ligne. Ce site internet proposait en effet de commettre son suicide virtuel.
A l’image des samouraïs japonais qui préféraient mourir dans l’honneur que de vivre dans la honte, seppukoo.com enjoins à tuer sa vie virtuelle (ses données) plutôt que de la laisser aux mains des plateformes sans scrupules qui la détiennent.
Seppukuo propose aussi de détourner le principe de réseau social en en devenant un lui-même (il propose un classement où les suicidés qui auront influencé le plus de monde à faire de même seront en haut du tableau).

« You are more than a virtual identity »

Galerie web – Novembre 2015 – MACHINES

Une nouvelle thématique qui fait écho à l’événement Made In Friche, organisé par Zinc. Pendant trois jours, les 20, 21 et 22 novembre prochains, la Friche de la Belle de Mai accueille des œuvres et des artistes qui interrogent l’art au travers du mécanique et du numérique.

C’est donc l’occasion de vous parler d’art et de machines au travers d’une petite sélection d’œuvres faite par le Transistor. La galerie du mois de novembre vous propose de découvrir comment la mobilisation de la machine donne un accès à des interactions, des données ou même des capacités non atteignables en temps normal. Mais au même moment elle crée du lien avec l’humain, tentant de l’améliorer, le reproduire ou simplement communiquer. Continuer la lecture de Galerie web – Novembre 2015 – MACHINES

Galerie web – Network

Galerie web – Juin 2015
Thématique: Network

Cette thématique faisait écho à l’atelier Smart web du 20 juin 2015 qui portait sur le peer-to-peer. L’idée était de s’intéresser au travail d’artistes qui se penchent sur la question du réseau c’est-à-dire sur l’échange d’informations, sur les flux, mais aussi sur l’architecture du réseau, en mettant au cœur de leurs créations les inter-connexions des utilisateurs et des usagers. Cette galerie montre comment le réseau peut être traité de manière à la fois technique mais aussi philosophique.

Parmi les ressources se trouve The Pirate Cinema, une œuvre de Nicolas Maigret qui avait déjà été montrée lors du cycle Matière Cinéma organisé en partenariat avec Seconde Nature à l’automne 2015. Seconde Nature en avait présenté à la fois la version performée et l’installation. Il s’agit ici de la version online dans laquelle Nicolas Maigret se connecte au réseau d’échange en peer-to-peer et rend visible les échanges de fichiers les plus téléchargés par Torrent. On observe un collage aléatoire de fragments de vidéos qui transitent à travers le monde en mettant en avant les adresses IP, et donc la géolocalisation, des utilisateurs envoyant et recevant ces fragments.

The Pirate Cinema, Nicolas Maigret
The Pirate Cinema, Nicolas Maigret

Dans un autre esprit, pour montrer que le réseau n’est pas uniquement délocalisé et mondial et qu’il existe aussi, partout, un réseau local et très dense, nous avons montré l’œuvre de l’artiste b01xy, Attack me at 2.432 GHz. Il rend compte de toutes les communications, toutes les activités électromagnétiques, qui se font à un endroit précis, notamment les communications via Wifi. Il met ainsi en scène ces communications de manière visuelle et sonore. L’expérience est basée sur la pratique de certains commerçant qui consiste à étudier les habitudes des consommateurs en les identifiant, et en récupérant leurs communications, grâce au Wifi de leur smartphone. À l’inverse de The Pirate Cinema qui montre un certain type de réseau éclaté à travers le monde, le peer-to-peer, Attack me at 2.432 GHz aborde une échelle micro, celle de l’hyper-local et du très dense.

Nous avons proposé également un web documentaire World Brain de Stéphane Dégoutin et Gwenola Wagon qui explorent la thématique du réseau à partir d’une approche à la fois technique et philosophique et qui s’interrogent sur la place de l’humain au sein du gigantesque réseau des data centers. Ils partent d’une approche purement technique du réseau en mettant en valeur son architecture faite de câbles sous-marins, de data centers, de satellites… Cette représentation purement matérielle évolue ensuite vers une réflexion bien plus philosophique sur les utopies de l’existence d’un “cerveau mondial” que suscite et suggère ce réseau global : avec l’émergence d’une intelligence collective via le réseau et la connexion irrémédiable de tous, ne devenons-nous pas tous des neurones de ce world brain ?

@Nogoland.com
Image extraite de World Brain. Image non-libre de droits. Crédits @Nogoland.com

Les artistes n’ont pas attendu l’arrivée d’Internet pour s’intéresser au réseau. On pense à Hole in Space LA-NY, performance de 1980 conçue par Kit Galloway et Sherrie Rabinowitz et surnommée plus tard “The Mother of All Video Chat” et qui propose une connexion visuelle et sonore via satellite entre New York et Los Angeles. Elle proposait simplement de relier les passants de ces deux villes, leur permettant de discuter les uns avec les autres comme s’ils étaient face-à-face.

Notre galerie se termine sur le symposium Art of the Network Practice: an International Symposium, Innovation in Networked Research, Artistic Production and Teaching in the Arts qui s’est tenu en 2015 à la fois à Singapour mais également en direct sur Internet. On y retrouve un grand nombre de ressources encore accessibles aujourd’hui. À noter : la keynote de Steve Dixon qui présente un historique des performances en réseau et qui relie toutes ces différentes expérimentations du réseau avec la cybernétique et les questions d’existentialisme.

Liens vers les ressources présentées lors de cette Galerie web :

http://thepiratecinema.com/online/
http://benjah.free.fr/2432.html
http://worldbrain.arte.tv/#/

http://oss.adm.ntu.edu.sg/symposium2015/
https://vimeo.com/125572831

Les Galeries Web du Transistor en 2015

Inaugurées en 2014, les Galeries Web sont maintenant visibles toute la semaine au Transistor.

Ces après-midi de découverte d’œuvres en ligne, de webdocumentaires et d’autres ressources accessibles en ligne, se déroulent désormais tout au long du mois, les jours d’ouverture du Transistor (hors programmations spécifiques). Chaque mois, une nouvelle thématique est mise en avant.

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