Archives de catégorie : Edito

Editos thématiques, édito de la FDZ, NewsLetter

Edito Juin 2017 : De la difficulté d’entrer dans la modernité …

La parité est un sujet qui revient au moment des élections. La place des femmes est évoquée quand a lieu le festival de Cannes (Jane Campion est l’unique femme palmée de l’histoire du festival). La grosse blague du nombre de femmes dans les conseils d’administration du CAC 40 a droit à une exposition médiatique de temps en temps. On entend aussi régulièrement parler du manque d’expertes pour prendre la parole dans les émissions de radio/télé, les colloques, les rencontres publiques… La raison invoquée en creux est que c’est quand même un peu la faute des femmes tout ça. Ce sont elles qui ne prennent pas assez la parole et qui sont trop en retrait. Continuer la lecture de Edito Juin 2017 : De la difficulté d’entrer dans la modernité …

360° (de compréhension)

Cet édito prend plac­e au début d’une lettre d’information mensuelle.

Nous sommes début mai 2017, il est temps de vous faire part de notre programme pour le mois. C’est la règle, ça fait 12 ans que ça dure. Par moments mettre en perspective le travail d’une petite association avec des questions sociétales, culturelles, économiques voire politiques est un peu plus compliqué que d’autres. C’est exactement le moment dans lequel nous sommes. Surtout qu’étant localisés en région Provence Alpes Côte d’Azur, cette inquiétude légitime nous l’avons connu récemment. Dès lors que dire ? Que dire de plus ?
Continuer la lecture de 360° (de compréhension)

DONNER DU SENS – BACK TO BASICS

Il est des anecdotes dont on ne se lasse jamais ; en pleine Seconde Guerre Mondiale fut proposé à Winston Churchill, premier ministre anglais, de couper le budget de la culture pour soutenir l’effort de guerre, il répondit « mais alors pourquoi nous battons nous ? ».
À ZINC, nous puisons notre force dans cette conviction. Nous travaillons inlassablement pour que ceux qui le souhaitent aient la possibilité de découvrir, comprendre et pratiquer. Les oeuvres et le travail de création sont le plus court chemin pour appréhender le monde et ses évolutions. Il est, alors tout naturel, pour nous de leur donner une place importante dans nos projets. Le regard des artistes sur notre condition d’humain, à travers le prisme de spectacles, d’installations, de films, de sites Internet… sont notre essence. Nous vivons dans un monde qui devient de plus en plus numérique chaque jour. Que chacun puisse s’approprier les usages est aussi un enjeu essentiel.

Continuer la lecture de DONNER DU SENS – BACK TO BASICS

Les idées n’appartiennent à personne (surtout quand elles sont aussi médiocres)

Avec ce titre accrocheur, et légèrement malhonnête aussi il faut bien dire, regardons à quel point, en l’espace de deux décennies la pensée « make the world a better place » nous a imprégnée. Comment derrière chaque idée un peu nulle, se fantasme un compte en banque garni de milliards. Le milieu des nouvelles technologies, à forte dominante masculine, a grandi biberonné à l’imagerie du super héros, et, je caricature à peine, avec une certaine idée de la toute puissance.
Fût souvent ici gaussé le principe de faire du neuf avec du vieux, à moins que cela ne soit l’inverse. Cette propension puérile à s’imaginer qu’on est le premier ou le seul à avoir eu « la bonne idée » et qui fait que les start-up poussent comme des champignons. Et si on s’intéresse un peu au sujet il y a de quoi bien se marrer en découvrant applications, réseaux sociaux, ou projets numériques plus inutiles les uns que les autres. Et ce n’est pas l’état ou les institutions qui contredisent ce curieux mouvement. Ainsi chaque initiative de regrouper 2 start-up a forcément l’ambition de faire une « silicon valley à la Française ». Tout un tas de dispositifs ont vocation à repérer les talents numériques afin de ne pas passer à côté du futur Google ou Facebook. Un élan optimiste ou naïf mais qui a pour effet d’encourager la pensée (magique) à l’œuvre : avoir une bonne idée pour gagner plein de pognon avec.

Continuer la lecture de Les idées n’appartiennent à personne (surtout quand elles sont aussi médiocres)

Révélations

Alors que les images et les informations sont partout autour de nous, que nous reste-t-il à découvrir ? Qu’avons nous à révéler ? Et surtout quel imaginaire avons nous envie de développer ?

Ce sont des questions auxquelles nous proposons un début de réponse à partir du 29 janvier avec Chroniques Acte 3. Quelques réponses et une invitation au voyage. Un voyage dans le temps, hier, aujourd’hui, demain. Continuer la lecture de Révélations

Disparition progressive de l’espace critique

Vous n’êtes pas sans savoir que Noël est en décembre. C’est implacable. Et ce qui va être implacable c’est qu’on va être envahit de pubs sur les casques immersifs ou casques de réalité virtuelle. Cette phase de consommation frénétique passée, nous aurons probablement basculés de l’autre côté de l’écran, nous serons dedans. Ce qui va générer un sacré changement dans le rapport à l’image, au son, au texte, aux média…

Nous avons eu le glissement de la notion d’information vers l’infotainment. Nous assisterons bientôt à une substitution du champ artistique et culturel par celui des industries créatives. Normal quand on sait que «  y a plus d’argent public » revient à dire « faut trouver du pognon ailleurs » et ailleurs pour le domaine de la création en France, c’est, entre autre, les industries créatives. Premier effet, banal à priori, mais pervers à l’arrivée, ce que nous voyons dans ces casques immersifs ne sont pas des « œuvres » mais des « contenus ». Pas très poétique, ni très sensible mais sans doute inéluctable.

Continuer la lecture de Disparition progressive de l’espace critique

Xavier de La Porte

Quand on est curieux du numérique et des nouvelles technologies, on a, sans doute, été un auditeur de « Place de la Toile » l’émission de Xavier de La Porte sur France Culture. Pendant 7 ans il a décrypté notre monde en régime numérique.

Aujourd’hui il œuvre toujours sur France Cul (oui on dit comme ça) mais à travers une chronique quotidienne « La Vie Numérique » dans « Les Matins ». Et alors que l’envie d’à nouveau traiter d’une des fractures numériques (ceux qui essayent de comprendre et ceux qui pas), la semaine dernière j’en découvre une via Facebook (merci Mélanie Legas) « Chronique pour ceux qui ne comprennent rien (ou tout) à Internet ». Continuer la lecture de Xavier de La Porte

25 ANS

Depuis plus de deux décennies, nos vies sont parsemées de plus en plus de machines électroniques, d’écrans et d’échanges dématérialisés. Aujourd’hui, on peut chez soi avec les imprimantes 3D, créer et fabriquer des objets et lutter contre l’obsolescence programmée. La réalité virtuelle ou augmentée et la vidéo à 360° dans les casques immersifs vont bientôt rejoindre smartphones, tablettes et montres connectées.

Depuis quelques semaines le Web a 25 ans. La plus belle manière de souffler les bougies est de le faire en regardant du côté de demain. C’est pour cela que mois après mois, années après années, nous nous adressons particulièrement aux jeunes générations. Nous sommes à l’écoute de leurs pratiques, de leurs usages et de leur point de vue. Dans ce monde où la mutation numérique s’opère chaque jour, ce sont les digitaux natifs qui en ont la plus juste des appréhensions. Alors donnons-leur les clés pour être les plus créatifs et éclairés possible.

En l’espace d’un quart de siècle, nos vies ont été bouleversées par l’avènement d’Internet, du Web et des nouvelles technologies, et il est essentiel, toujours, de rester en éveil sur les enjeux à venir.

Céline Berthoumieux.

Edito issu de la FEUILLE DE ZINC OCT-NOV-DEC2016.

L’inverse, le contraire et l’opposé

Cet édito fut souvent l’occasion de souligner à quel point, pendant longtemps, nous fûmes regardé comme des hurluberlus au mieux, comme des suppôts de Satan au pire !

De notre point de vue ces dix-huit dernières années, nous les avons plutôt passées à regarder, décrypter et analyser ce que l’informatique, le multimédia, le numérique et les nouvelles technologies « font à nos vies ». Comprendre et transmettre ce que « ça » change.  Continuer la lecture de L’inverse, le contraire et l’opposé

Il faut nous laisser maintenant

Comme il est intéressant de lire, regarder, écouter ce qui se dit à propos du mouvement Nuit Debout. « Jeunes sans cerveaux » « Chienlit » « anti-jeunes et pro-chômage ». Welcome back en 1952.

Il ne s’agit, ici, en aucun cas de projeter dans ce mouvement un fantasme de révolution citoyenne en marche. Car en réalité, personne ne peut dire ce qu’il va advenir de cette dynamique. Ce qui est certain, c’est que cela vient bousculer une pensée à laquelle le monde médiatique et politique est tellement attaché ; il faut un leader, il faut un appareil politique, il faut un programme clair…

Pas d’étonnement devant le mépris affiché de ce monde face à une jeunesse, au sens large, qui questionne le processus démocratique dans cette cinquième république à bout de souffle. Pas d’étonnement, mais une question rhétorique ; sérieusement vous donnez des leçons de démocratie à ces gens qui se retrouvent pour débattre ?

Le traitement mass-médiatique de ce mouvement relève là aussi du cas d’école. À de rares exceptions près, ce qui est donné à voir ou à entendre au plus grand nombre est le manque d’organisation, l’absence de chef, le trop grand nombre de revendications… Cette condescendance laisse pantois car au delà des aspects contestataires, ces rassemblements activent ce que les réseaux sociaux et le journalisme citoyen peuvent proposer d’utile. Quand on sait que ces mêmes médias cavalent après cette production de l’information qui leur échappe et tentent à base d’interactivité, de multi-écrans ou d’une toujours plus grande réactivité de faire passer du vieux pour du neuf. Comme ce fameux homme politique qui a fait envoyer un fax aux rédactions pour annoncer qu’il avait twitté…

Ce que ces Nuit Debout révèlent, c’est que ce sont deux réalités – deux nécessités qui s’affrontent. Quand bien-même, elles partagent un même territoire, elles semblent ne pas vivre dans le même temps du monde. Ce vieux monde qui n’a à opposer aux mouvements citoyens que la figure tutélaire de l’homme providentiel, du leader, qui va mener notre patrie à la plénitude du plein emploi et de la consommation quotidienne, dimanche compris. Comment pouvons-nous être encore, dans cette pensée magique pour ne pas dire toxique ?

Céline Berthoumieux.

Edito – Extrait de la newsletter du mois de mai 2016