La petite leçon élémentaire : L’art, le réseau, la blockchain …

     Notre 20ème Clique Numérique s’affairait à traiter du concept de la BLOCKCHAIN, mais qu’est que c’est exactement ? Comment la penser et s’en servir dans des milieux artistiques ? Comment aujourd’hui peut-on penser l’art et le réseau ?

Pour répondre à ces interrogations suivez-nous dans une petite leçon élémentaire qui retrace succinctement l’histoire de la croisée des mondes de l’art et du réseau.

L’ART & L’INTERNET VITRINE

   En 2013, 75% des musées français possèdent une identité virtuelle. L’avancée exponentielle des technologies numériques, les possibilités de visibilité, le gain de temps et de place qu’elles induisent, oblige des institutions à posséder un site internet et à numériser certaines de leurs œuvres. Par exemple Google Art Project possède, un catalogue de plus 57 000 oeuvres d’art en HD consultables en ligne, des galeries indépendantes comme KAOZART en possèdent jusqu’à 10 000. Mais, cette numérisation ne se fait pas à part égale si l’on parle d’institutions nationales ou d’autres plus modestes.

©googleimages

Dans cette perspective, le réseau est utilisé comme vitrine ou comme moyen d’augmenter la visibilité via les réseaux sociaux notamment. Il faut d’ailleurs signaler qu’Instagram est considéré comme le 2ème réseau social, utilisé dans le monde de l’art, après Facebook (HISCOX, 2015).

Ajoutons à cela qu’en 2010 eu lieu la première foire d’art contemporain en ligne, la VIP ART FAIR. En deux ans les ventes dématérialisées (ou ventes en ligne) représentaient environ 870 millions de dollars, soit 1,6% du marché de l’art. Si ce chiffre est vu à la hausse ces dernières années (19% du marché de l’art en 2017 selon les prévisions de La Tribune), les achats d’oeuvres en ligne sont freinés par le manque de confiance des collectionneurs envers les vendeurs, mais surtout par le fait de ne pas voir l’oeuvre « en vrai ». En définitive, le marché de l’art sur internet est un succès pour des oeuvres d’une valeur inférieure à 10 000$.

On voit donc bien depuis moins de 10 ans qu’une véritable volonté de modernisation numérique anime le monde de l’art et son marché. L’internet vitrine est une force pour de nombreux acteurs culturels et participe à la démocratisation de l’art en ligne. Mais pour les artistes, au-delà des possibilités de diffusion de leurs travaux, internet est synonyme de nouvelles pistes à explorer, de nouveaux formats, contenus et objets à produire et imaginer.

LE NETART ou L’ART CYBERNÉTIQUE

   Le Net.art s’éloigne de l’art transposé sur le réseau, où le réseau fonctionne en tant que vitrine, comme énoncé dans les paragraphes précédents. Selon Jean-Pierre Fourmentraux, sociologue en sciences de l’art et de la communication, le Netart c’est «  une création par, pour et avec le réseau ». C’est un procédé artistique qui utilise internet en tant que support, outil et oeuvre. Il faut envisager la toile comme vecteur de transmission ou diffuseur de données, dans un même temps comme instrument de production mais aussi comme espace habitable et habité qui inclus l’interactivité.

Bien qu’abstrait on connaît tous plus ou moins le concept. Si ce n’est pas le cas, penchez-vous sur les travaux de Christine Coulanges et Christine Rodès – Sisygambis. Leur web-documentaire pour l’Institut du Monde Arabe est un exemple parmi d’autres. C’est une création pour, par et sur le réseau avec un mode de navigation (JP Fourmentraux) qui rend possible l’interactivité.

Pour les plus curieux, regardez de plus près le travail de Ai Weiwei et Olafur Eliasson en 2013. Ces deux compères proposèrent de créer le plus grand dessin du monde grâce à un programme alternatif et participatif qui incitait les internautes à laisser leur trace sur une immense lune numérique.

On ne peut parler de NetArt sans aborder les propositions de Rafaël Rozendaal ! Ce « fétichiste des URL », comme il s’auto-surnomme, donne à voir ses oeuvres ici ! Dans une interview d’Isabelle Arvers il explique sa passion pour la création via le réseau : « Internet est (pour moi) une scène des plus intimes. (…) C’est un environnement très personnel dans lequel l’utilisateur invite l’art de n’importe où dans le monde jusqu’à son propre écran « sacré ». C’est très éloigné et très proche à la fois. »

Pour un panel d’exemples complet et un soupçon de local, ZINC produit jusqu’au 25 janvier, sous le commissariat de Madja Edelstein-Gomez et en collaboration avec de nombreux artistes : LES RECOMBINANTS. C’est un projet d’exposition en ligne, dont le non-thème se définit par « une envie de montrer en ligne ».

Ces projets, et il en existe un grand nombre aujourd’hui, se jouent de l’internet qui constitue «  tout le support technique, l’outil créatif et le dispositif social de l’oeuvre » (JP Fourmentraux, Le Netart). En fait, « le Netart (ou l’art cybernétique) procure indéniablement de nouvelles pistes de réflexion sur la dissémination des technologies informatiques dans la société »  ( G. Vidal ).

En définitive internet est l’atelier et la salle d’exposition de ces cyberoeuvres. 

BLOCKCHAIN et PROPOSITIONS ARTISTIQUES

  L’internet d’aujourd’hui n’est plus celui des pionniers et des calculateurs imposants, il se réinvente. On voit se développer de nouveaux procédés de transmission et d’échange d’informations. Parmi eux : la BLOCKCHAIN ou CHAÎNE DE BLOCS. Le concept, abstrait pour la plupart d’entre nous, est bien connu des habitués des crypto-monnaies telle que le BITCOIN par exemple. Il s’agît là d’une technologie de stockage et de transmission d’informations. C’est une immense base de données publique qui est copiée et dupliquée sur des millions d’ordinateurs, gérés par des « mineurs » anonymes, qui se mettent à jour en même temps. Qu’est ce qui change de l’internet 2.0 que nous connaissons ? C’est un mode de diffusion d’informations qui repose sur le consentement, les informations sont validées par des personnes non pas des serveurs. L’information est donc plus fiable, sa vérification est décentralisée, collective et plus transparente. Certains s’aventurent même à parler d’un réseau « sociocratique » !

©rue89 – source : youtube

Cette technologie « révolutionnaire » transparente, ultrasécurisée et décentralisée ouvre de nouvelles perspectives sur le marché de l’art. Avec l’augmentation de la numérisation qui amène plus de régulation à ce marché, la blockchain pourrait être un outil d’authentification efficace. Son utilisation permettrait de «  créer techniquement une empreinte numérique unique et infalsifiable pour chaque oeuvre d’art certifiée par son biais » (JM Koskievic, pour Slate.fr).

Mais au delà de l’utilisation du procédé à des fins d’authentification, ne pourrait-on pas imaginer la blockchain autrement ? Ne pourrait-on pas la penser artistiquement ? Qui de mieux qu’un artiste pour explorer de nouveaux procédés de création via la blockchain ? C’est exactement ce que propose un ouvrage collectif : ARTISTS RE:THINKING THE BLOCKCHAIN publié chez Torque et Furtherfield en 2017. Ils nous proposent une réflexion autour de l’appropriation artistique de la blockchain. Plus proche de chez nous, une autre proposition du Collectif BAM est à découvrir à THE CAMP la blockchain corvée de vaisselle. C’est au travers de l’histoire de 4 frères et soeurs, de leur vaisselle sale, d’un tube, de jetons et de cadenas que le collectif nous explique le fonctionnement et l’utilité du processus de chaîne de blocs. C’est une modélisation de ce processus innovant qui est exposé dans cet exploratoire du futur.

BLOCKCHAIN CORVÉE DE VAISSELLE, Collectif BAM

La blockchain est à considérer comme un nouveau terrain de jeu qui s’ouvre aux artistes adaptes du NET.ART et aux autres. De nouveaux formats de production sont possibles, de nouveaux procédés de transmission et d’interactivité sont imaginables.

BREF, le code est à vous et une « blockchainart » est à inventer !

Museokids & Radiokids ~ retour sur 2017

Ça y est, ZINC part en vacances ! C’est donc un dernier article avant la rentrée, un article retour sur les Numérikids.

Nous tenions particulièrement à revenir sur ce mois de juin car il a été l’occasion pour tous, enfants comme adultes, de repenser à l’année écoulée et d’en faire un bilan. Mais comme on est à ZINC, le bilan il se fait avec des pixels, des micros, de la colle et des engrenages…

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ATELIER JARDIN NUMÉRISÉ dans le cadre du festival B:ON AIR 2017

Nous étions présents pour l’after party familiale et enfantine du festival B:ON Air le dimanche après-midi.  Au programme, du soleil, des sons et pleins d’activités proposées autour de la musique pour les petits et les plus grands !

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Edito Juin 2017 : De la difficulté d’entrer dans la modernité …

La parité est un sujet qui revient au moment des élections. La place des femmes est évoquée quand a lieu le festival de Cannes (Jane Campion est l’unique femme palmée de l’histoire du festival). La grosse blague du nombre de femmes dans les conseils d’administration du CAC 40 a droit à une exposition médiatique de temps en temps. On entend aussi régulièrement parler du manque d’expertes pour prendre la parole dans les émissions de radio/télé, les colloques, les rencontres publiques… La raison invoquée en creux est que c’est quand même un peu la faute des femmes tout ça. Ce sont elles qui ne prennent pas assez la parole et qui sont trop en retrait. Continuer la lecture de Edito Juin 2017 : De la difficulté d’entrer dans la modernité …

La petite leçon élémentaire – L’ART ET LE VÉGÉTAL

Ce week-end c’est le festival B:ON AIR à la Friche la Belle de Mai :

© Caroline Dutrey

Ce festival végétalisé, durant lequel le temps d’un week-end, l’underground local se frotte aux révélations mondiales à travers une programmation entre rave éveillée et house aux fenêtre grandes ouvertes. La petite leçon élémentaire portera donc ici sur les rapporte entre art et végétal : on va parler d’œuvres, de recherches et de lieux tous engagés dans des démarches écologiques, innovantes, dépaysantes et même paysantes 🙂

Et on commence à ZINC où Über Beast Machine est en couveuse !

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360° (de compréhension)

Cet édito prend plac­e au début d’une lettre d’information mensuelle.

Nous sommes début mai 2017, il est temps de vous faire part de notre programme pour le mois. C’est la règle, ça fait 12 ans que ça dure. Par moments mettre en perspective le travail d’une petite association avec des questions sociétales, culturelles, économiques voire politiques est un peu plus compliqué que d’autres. C’est exactement le moment dans lequel nous sommes. Surtout qu’étant localisés en région Provence Alpes Côte d’Azur, cette inquiétude légitime nous l’avons connu récemment. Dès lors que dire ? Que dire de plus ?
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E-KU – Printemps de la Francophonie

Retour sur nos ateliers des samedi 15 mars, 25 mars et 1er avril, à l’occasion du printemps de la Francophonie, en partenariat avec Des Livres Comme des Idées.

En compagnie du photographe Frédéric Lecloux, nous avons travaillé sur 3 séances sur la confection de petits formats multimédia mêlant images, sons et texte. Ces vidéos de 17 secondes s’inspiraient d’une nouvelle de Russel Banks, « Un membre permanent de la famille ».

Présentation du travail de l’artiste

La première séance a été l’occasion pour Frédéric Lecloux de nous présenter son travail et sa vision de la photographie au travers d’images et des histoires qui y étaient associées. Il est possible de retrouver sur son site une bibliographie de livres consacrés à la photo ainsi qu’une sélection de sites autour des e-ku et autres petites œuvres multimédia.

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La petite leçon élémentaire : la réalité virtuelle

Les précurseurs 

De 1956 à 1962 (le brevet est déposé en 1962) – le cinéaste philosophe et documentariste Morton Leonard Heiling développe son idée de “Cinéma du Futur” et invente le Sensorama !
Après avoir inséré un un jeton, le spectateur peut choisir parmi 5 expériences : une balade à moto dans les rues de Brooklyn, un parcours à bicyclette, du buggy dans les dunes d’un désert, un vol en hélicoptère ou l’échange de quelques pas avec une danseuse du ventre. Le Sensorama ne restituait pas seulement l’image, il simule la vibration du véhicule sur lequel on se trouve via à un siège vibrant, le vent qui souffle par de l’air envoyé sur le visage, les odeurs de la ville ou du désert grâce à la diffusion de parfums dans l’air… Cette invention ne dépassera cependant jamais le stade de prototype car la réalisation des films et la distribution des machines étaient trop couteux. Mais aussi lié aux limites du Sensorama qui ne permettait pas au spectateur d’agir sur la vidéo.

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DONNER DU SENS – BACK TO BASICS

Il est des anecdotes dont on ne se lasse jamais ; en pleine Seconde Guerre Mondiale fut proposé à Winston Churchill, premier ministre anglais, de couper le budget de la culture pour soutenir l’effort de guerre, il répondit « mais alors pourquoi nous battons nous ? ».
À ZINC, nous puisons notre force dans cette conviction. Nous travaillons inlassablement pour que ceux qui le souhaitent aient la possibilité de découvrir, comprendre et pratiquer. Les oeuvres et le travail de création sont le plus court chemin pour appréhender le monde et ses évolutions. Il est, alors tout naturel, pour nous de leur donner une place importante dans nos projets. Le regard des artistes sur notre condition d’humain, à travers le prisme de spectacles, d’installations, de films, de sites Internet… sont notre essence. Nous vivons dans un monde qui devient de plus en plus numérique chaque jour. Que chacun puisse s’approprier les usages est aussi un enjeu essentiel.

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